· 20.008 entreprises, dont 92% ont au plus deux camions
· 17.536 firmes, soit 88%, sont organisées en personnes physiques
LE secteur du transport représente 6% du PIB et 9% du secteur tertiaire. Il emploie 10% de la main-d’œuvre en milieu urbain et rapporte aux caisses de l’Etat 15% des recettes fiscales. De plus, le secteur représente 34% de la consommation d’énergie nationale.
Le mode routier occupe le haut du pavé: il assure environ 95% du transport de marchandises en valeur, 95% en tonnage et 75% en tonne/kilomètre. De plus, 90% des voyageurs au Maroc empruntent le transport routier.
«Hégémonie du mode routier, secteur vital pour l’économie et sa compétitivité, mais c’est un colosse aux pieds d’argile», ironise Abdelilah Hifdi, président de la Fédération nationale du transport routier (FNTR).
Le parc de camions est évalué à 56.600 engins, dont 27.900 ont un âge égal ou supérieur à 10 ans, soit 49%. Et parmi ces véhicules, 17.300 ont 15 ans et plus, soit 31% de l’ensemble du parc. Les véhicules dont l’âge dépasse les 20 ans sont estimés à 10.664 unités, soit 19% du parc total. Toutefois, se console Hifdi, presque le tiers de celui-ci, soit 16.680 véhicules, ont moins de cinq ans. «Depuis la libéralisation et l’entrée en vigueur du transport routier de marchandises, en 2003, il y a un effort d’investissement et de renouvellement du parc assez substantiel», explique-t-il.
Pour ce qui est du parc de camions utilisés pour le transport pour le compte d’autrui, il est logé à la même enseigne. Il se caractérise par un degré de vétusté encore plus élevé que dans le transport considéré dans sa globalité. En effet, 53% du parc est âgé de plus de 10 ans, soit 16.800 unités, tandis que les véhicules mis en circulation depuis plus de 15 ans sont au nombre de 10.400, soit 34% du parc de transport pour compte d’autrui. Et c’est à cette composante que s’adresse le programme gouvernemental de renouvellement du parc. Là encore, depuis l’entrée en vigueur de la réforme du transport routier de marchandises en 2003, il y a eu acquisition de 6.964 véhicules dont l’âge est inférieur à cinq ans.
Outre la vétusté de ses camions, le secteur du transport se caractérise également par une forte atomicité de ses entreprises. Sur 20.008 entreprises, 18.324, soit 92%, ont tout au plus deux véhicules. Cette situation, qualifiée de «dramatique» par le président de la FNTR, est une expression fidèle du système des agréments accordés aux privilégiés. Ce nombre effarant d’entreprises constitue un réel casse-tête pour les professionnels. «Cette atomicité donne une idée des difficultés que rencontrent les associations pour encadrer la profession et l’inciter à plus de transparence», note Hifdi.
Celles qui disposent de 11 à 20 véhicules, au nombre de 104, constituent à peine 0,52% du secteur. Les entreprises dotées de plus de 20 véhicules ferment la marché et représentent seulement 0,28% des firmes opérant dans le transport. Par ailleurs, il convient de signaler que la quasi-totalité des entreprises de transport, 88%, soit 17.536, sont de forme individuelle, ce qui, rappelle Hifdi, constitue pour ces opérateurs un réel obstacle pour l’accès au crédit.
Seules 2.226 entreprises sont organisées en Sarl (soit 11%) et 59 en SA (0,3%).
Pour ce qui de la configuration des modèles de camions en circulation, les véhicules conventionnels, dits plateaux, sont prédominants avec 15.989 unités (52%), suivis des camions-bennes, avec 11.264 véhicules (37%). Les camions frigorifiques occupent la troisième position avec 1.446 unités (5%), alors que les camions-citernes représentent 1.184 véhicules (4%). Cette configuration du parc de camions est à l’image de l’organisation logistique des entreprises marocaines qui, dans l’attente du développement de la palettisation, recourent encore au vrac comme mode de manutention.
«Pas d’investissement, vétusté du parc, atomicité, comportements prédateurs, tous les ingrédients pour donner un fonctionnement opaque au niveau du marché de façon générale», regrette le patron de la profession. Ce dernier fait remarquer aussi que «ces entreprises, constituées en personnes physiques, accèdent à la profession moyennant leur inscription au registre spécial des transporteurs au sein des délégations du ministère de l’Equipement et du Transport, mais ils n’ont pas accès au marché, qui est le plus important, et ils sont obligés d’accepter des conditions de travail, parfois incompatibles avec les règles de sécurité».
Les professionnels du transport routier fondent beaucoup d’espoirs sur l’étude commanditée par la CGEM et le ministère de tutelle pour la mise en place d’un schéma directeur national avant la signature d’un contrat-programme.
H. E. A.
l'economiste
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